Sistema e browser desconhecidos

Content on this page requires a newer version of Adobe Flash Player.

Get Adobe Flash player


Agenda: Lançamento do livro: Pretérito Imperfeito      |      Participação na Feira do Livro de Porto Alegre - Mesa: Literatura: efeitos de transmissão      |      

Introdução do Livro: L'Escadron de Mort.
 

INTRODUCTION

Ce livre est un long reportage sur les activités d'un des groupes de policiers qui pratiquent, dans la plupart des grandes villes brésiliennes, la liquidation sommaire et sans jugement de personnes «tombées en disgrâce aux yeux de la police».

Il est très difficile de préciser le nombre des victimes des divers «Escadrons de la mort», nom que ces, groupes se donnèrent à eux-mêmes. Les calculs les plus modestes concluent que, depuis 1964, au moins sept cent quarante personnes laissèrent leur vie dans ces exécutions sommaires. Certains journaux, dont le Jornal do Brasil du 20 avril 1970, indiquent cependant comme le plus probable le chiffre de quatorze cents victimes; un millier de celles-d auraient été assassinées à Rio de Janeiro et dans les petites villes avoisinantes (région traditionnellement violente) et environ deux cents à São Paulo, la plus grande ville du pays où l'Escadron de la mort est commandé par le commissaire Sergio Paranhos Fleury, un des personnages centraux de ce livre.

Généralement, les victimes sont exécutées pendant la nuit et les corps abandonnés près d'une vieille route ou dans un terrain vague des environs de la ville. Sur les corps se trouve la plupart du temps la signature de l'exécuteur: EM (Escadron de la mort) et son insigne ï un crâne et deux tibias croisés. C'est l'Escadron lui-même qui, à travers un porte-parole, annonce par téléphone aux journaux l'exécution ainsi que l'endroit où se trouvent les cadavres.

Les victimes appartiennent presque toujours aux couches les plus défavorisées de la population: les habitants des favelas. Un grand nombre de ces exécutés sont des jeunes de moins de vingt ans, presque tous noirs ou mulâtres.

Les premières victimes, et seulement les premières, étaient des bandits de renom; ils furent exécutés soit parce qu'ils s'en étaient pris à la police de façon trop arrogante, soit parce qu'ils avaient assassiné des policiers.

Ces exécutions, qui datent des années 1964-1965, furent encouragées par le gouvernement et reçues avec indifférence et même un certain soulagement par une bonne partie de la classe moyenne et de la haute bourgeoisie; la presse à sensation relata les faits avec les couleurs vives d'un héroïsme vulgaire; les bases psychologiques étaient ainsi établies pour faire accepter l'idée de la «solution finale» applicable à la partie de la population brésilienne qui était considérée comme «marginale» ou «antisociale». A partir de ce moment-là, les «principes» de l'Escadron de la mort vinrent s'incorporer dans la «philosophie» répressive de la dictature brésilienne; ils servaient en effet au mieux une entreprise de dégradation et de démoralisation délibérée de la sensibilité populaire.

L'exécution de ces quelques grands bandits déclencha un vaste et monstrueux mécanisme répressif, les victimes suivantes étant des «marginaux» de moindre envergure, dont plusieurs centaines furent massacrés; par une évolution logique et implacable, les Escadrons de la mort s'attaquèrent ensuite aux activistes de gauche; ils tuèrent des membres de groupes de guérilla urbaine, des leaders syndicaux, des intellectuels, des artistes, des journalistes.

Ce genre de phénomène (ce qu'au Brésil on appelle le phénomène «Escadron de la mort») n'est pas le monopole de la dictature brésilienne. Il existe aujourd'hui des Escadrons de la mort parfaitement organisés en Uruguay et en Argentine (ceux-ci directement inspirés des Escadrons brésiliens) mais aussi dans d'autres pays d'Amérique latine et aux États-Unis, où tous les leaders des Black Panthers furent exterminés au moyen d'une technique répressive identique.

Ce livre décrit et analyse le phénomène tel qu'il s'est déclaré au Brésil, et plus précisément à São Paulo. De cette description ressortira clairement que l'Escadron de la mort est né en même temps que l'actuelle dictature; mais que ses origines les plus profondes ainsi que celles de la dictature elle-même remontent à un long passé de «violence de classe».

Après la découverte du Brésil par les Portugais, en 1500, la violence prend la forme d'un génocide des populations indigènes. Inadaptables au travail d'esclave, les Indiens sont décimés par des aventuriers partis à la recherche de l'or et de pierres précieuses; plus tard, par des colons qui s'emparent de leurs terres. Au temps de la découverte, on comptait au Brésil un million d'indigènes, on n'en dénombre plus aujourd'hui que cinquante mille environ.

La présence des Jésuites, arrivés au Brésil avec les premières forces d'occupation, ne les préservèrent pas du massacre. Tout aussi inefficace fut l'action de quelques officiers de l'armée brésilienne qui, en ce XXe siècle, proposèrent une politique de protection des indigènes rémanents. Le génocide se poursuivit et reçut même une nouvelle impulsion à partir de 1969, à la suite de la décision du gouvernement brésilien de construire de nouvelles routes en Amazonie dans les délais les plus courts. L'attitude officielle vis-à-vis des Indiens a été reformulée par l'actuel gouvernement dans les termes symptomatiques de «Politique de l'intégration de l'Indien».

Les experts calculent que cette intégration, au rythme exigé par cette nouvelle poussée «de la civilisation et du progrès» en Amazonie (poussée à laquelle participent plusieurs grandes entreprises internationales à la recherche des minerais de plomb, d'aluminium et de fer), conduira à l'extinction totale des Indiens du Brésil en moins de dix ans.

«Dans la littérature brésilienne officielle, écrit l'historien Calo Prado Junior, cette chasse à l'homme par l'homme qui, par ses proportions, trouve peu d'exemples parallèles dans l'histoire mondiale, figure comme le symbole glorieux des épopées bandeirantes(1)

Le camouflage du caractère violent de l'histoire brésilienne ne s'est pas limité au génocide des Indiens; on a également toujours cherché à nier l'existence de la violence sociale.

Le plus grand pays d'Amérique latine, plus grand que toute l'Europe et comptant aujourd'hui cent millions d'habitants, pays dont le climat est doux et la nature généreuse, se créa une image d'après laquelle le Brésilien est un «homme cordial», la nation «pacifique», la société une «démocratie raciale», fruit d'un mélange tolérant de Blancs, de Noirs et d'Indiens. Ce fut cette image du Brésil qui arriva en Europe à travers des ouvrages académiques apparemment respectables, tandis que dans le pays même, la vérité historique (qualifiée de «subversive») était bannie de l'enseignement officiel (2).

Du génocide des Indiens ó inévitable, d'une certaine manière, dans la confrontation entre l'expansionnisme «messianique» européen de l'époque des découvertes et les peuples primitifs ó on passa à l'exploitation esclavagiste des Noirs. Trois millions d'entre eux furent arrachés à leurs communautés africaines (où ils vivaient en régime de communisme tribal) pour venir constituer une main-d'œuvre gratuite dans les grandes plantations de canne à sucre, au cours des premières décennies de la colonisation. La tragédie de ces Noirs, dégradés, d'un jour à l'autre, d'hommes à bêtes, fut aussi terrible que celle des Indiens.

«Comment dresser les esclaves ou bêtes», peut-on lire sur un texte officiel de l'époque. En effet, ces Noirs ne jouissaient même pas de la protection de l'Église. L'Église catholique ne se proposa pas de catéchiser des gens, auxquels était réservé le statut particulier de «chose». Il s'agit là de l'aliénation à son état le plus pur, de la violence de classe dans sa forme la plus brutale.

Les Noirs se révoltèrent, spécialement dans le Nord-Est du Brésil, où se concentraient les premières entreprises coloniales ó les grandes plantations de canne à sucre. Ils s'enfuirent à l'intérieur de la brousse où ils formèrent des villages atteignant parfois vingt mille habitants et occupant jusqu'à vingt-cinq mille kilomètres carrés de terres.

Ces refuges d'esclaves appelés quilombos constituaient des pôles d'attraction pour les autres esclaves, et les expéditions punitives des Blancs ne se firent pas attendre. Le plus grand de ces villages, le quilombo dos Palmares, résista durant cinquante ans, dans la seconde moitié du xviie siècle, repoussant seize expéditions. Il fut finalement écrasé, grâce à l'intervention d'anciens bandeirantes paulistes, fort expérimentés dans la chasse à l'Indien. Le grand chef des Palmares, Zumbi, ainsi que des centaines de ses fidèles furent abattus.

L'esclavagisme fut aboli en 1888, après une longue période de transformations dans la production du sucre.

A la suite de la chute croissante de cette production, il devenait plus économique pour les patrons de louer que de posséder des esclaves qu'il était forcé de loger et de nourrir tous les jours, même les jours où il n'y avait pas de travail. En outre, les enfants des esclaves, d'après la nouvelle loi, ne pouvaient plus être vendus. Ils étaient libres.

Mais cette libération, décidée en fonction des intérêts des propriétaires terriens, jeta deux millions de Noirs, dépourvus du moindre bien matériel, culturel ou intellectuel, hors de la structure économico-sociale de l'époque. Ce sont les enfants et les petits-enfants de ces Noirs qui forment, aujourd'hui, l'immense armée des travail leurs manuels, des domestiques et des chômeurs du Brésil, à côté de quelques couches défavorisées de la population blanche.

Il est exact que les seigneurs de la terre pratiquèrent des relations de type paternaliste vis-à-vis de leurs esclaves. Ainsi, ne trouve-t-on nulle part dans l'Empire colonial portugais une doctrine de la suprématie blanche (3), au contraire de ce qui se passa dans la colonisation anglo-saxonne. Mais la «marginalisation» massive des Noirs et des mulâtres persiste au Brésil, précisément parce que la structure sociale était la même dans les deux cas. Au Brésil, un Noir est associé automatiquement à l'idée de «pauvre» ou de «marginal», de bandit; une femme noire, à l'idée de «domestique» ou de «prostituée». Les seules exceptions se situent dans deux domaines bien spécifiques: la musique et le football. Nous pouvons constater le même phénomène aux États-Unis (4). Une autre exception, au niveau régional celle-là: Salvador de Bahia, où la contribution noire dans les pratiques religieuses, dans la culture populaire et dans la tradition fut tellement importante qu'elle finit par s'imposer. Ce qui n'empêche pas l'aristocratie urbaine de Salvador d'être exclusivement blanche (5).

Le fait même que l'esclavagisme ait pris, au Brésil, une apparence «bénigne», au contraire de la forme «maligne» qu'il prit aux États-Unis, retarda notablement une prise de conscience de la part du Noir brésilien. Ce qui ne rendit pas la blessure moins profonde. Le Noir brésilien souffre, lui aussi, de la condition décrite par Julius Nyerere, président de la Tanzanie: «Aujourd'hui le problème fondamental de chaque Noir est le suivant: il se considère inférieur au Blanc.» Le Noir nord-américain est en train de surmonter cette situation négative à travers des prises de position du type de: «Black is beautiful»; tandis que le Noir africain y parvient à travers sa lutte quotidienne contre ce qui reste du colonialisme et contre le néo-colonialisme.

Le Noir brésilien constitue l'écrasante majorité des populations des favelas, véritables quilombos modernes. A Rio de Janeiro, ces favelas abritent un million de personnes dans des conditions de vie des plus inhumaines: sans eau, sans électricité, sans gaz, sans égouts, sans écoles, etc., etc. C'est dans ces milieux que se recrutent les criminels et les voleurs, renforçant ainsi le préjugé de la société blanche. Celle-ci marginalise délibérément les Noirs (non seulement parce qu'ils sont noirs, mais parce que le modèle économique brésilien implique nécessairement la «marginalisation» d'une large partie de la population). Lorsque les habitants de ces quilombos modernes provoquent le trouble au sein de l'establishment blanc, lorsque le nombre des crimes augmente, cet establishment réagit comme au XVII e siècle: il suscite des expéditions punitives dans les favelas (l'Escadron de la mort); ces expéditions ne peuvent cependant pas être considérées comme nettement négrophobes comme le sont les lynchages dans le Sud des États-Unis; elles constituent plutôt un des aspects de la violence généralisée contre les masses «marginalisées», non seulement dans les villes, mais aussi dans les campagnes.

A la campagne, la violence de classe s'est exercée d'une manière ferme et constante tout au long de l'histoire du Brésil. Les révoltes paysannes se comptent par dizaines, surtout durant la seconde moitié du siècle dernier. Dans le Nord-Est, où la terre est le monopole d'une oligarchie féodale, ces révoltes prirent souvent la forme d'une manifestation mystique, comme le fut, par exemple, la célèbre révolte de Canudos, dirigée par l'illuminé Antonio Conselheiro; l'armée ne vint à bout des révoltés qu'à la quatrième expédition punitive qui laissa derrière elle quelque trois mille morts (6).

Au moment où la structure oligarchique rurale était en pleine décadence, ó avec la chute de rentabilité des usines de sucre et l'appauvrissement des terres, ó la réaction paysanne contre l'oppression prit aussi la forme d'un banditisme rural, le cangaço, qui connut son apogée dans les années vingt de ce siècle; la révolte d'Antonio Conselheiro et le cangaço peuvent être considérés comme des formes de guérilla rurale ó même si le cangaço finit souvent par se mettre au service des seigneurs de la terre.

Non seulement dans le Nord-Est, avec ses vingt millions d'habitants, mais aussi dans une grande partie de l'intérieur brésilien, qui comptait il n'y a pas si longtemps soixante pour cent de la population totale du pays, le pouvoir politique est directement lié à la propriété des terres, aux grands entrepôts, au commerce et aux moyens de transport. C'est ce qu'on appelle au Brésil le «régime des colonels», les seigneurs de la terre portant le titre honorifique de «colonels». Le mécanisme d'un tel régime est simple: le colonel, en échange des voix qu'il assure, par son autorité locale, aux politiciens siégeant au Parlement et au Sénat fédéraux, reçoit d'eux le pouvoir de nommer le juge, le préfet, le chef de la police locaux. A ce pouvoir politique, les colonels voulurent cependant offrir une assise plus concrète: ils engagèrent des jagunços, sorte de gardes du corps constituant une vraie police, une authentique armée, dont la mission était d'éliminer les ennemis du colonel et de chasser de leurs terres les paysans qui ne respectaient pas ses ordres.

Ces conditions de vie humiliantes et misérables ainsi que des sécheresses particulièrement rigoureuses provoquèrent, dans les années trente, un exode vers le littoral où se trouvent la plupart des grandes villes, exode comparable à celui qu'a provoqué la révolution industrielle en Angleterre. Les villes les plus recherchées furent naturellement Rio de Janeiro et São Paulo, où ces migrants vinrent grossir extraordinairement la population des favelas. Quelques-uns ne dépassèrent pas Recife, capitale du Nord-Est (un million d'habitants) où ils s'installèrent dans les mocambos, habitations lacustres, et où ils allaient vivre ce que l'on appelle le «cycle du crabe»: ils se nourrissent de crabes, puis ils défèquent dans l'eau, dans cette même eau où vivent les crabes qui se nourrissent de ces matières fécales... Dans ces mocambos habitent quatre cent mille personnes. Dans le Nord-Est du Brésil, l'espoir de vie est de vingt-sept ans !

Aux migrations originaires du Nord-Est viennent s'ajouter les migrations sudistes, provoquées par une stagnation dans la culture du café à la suite de la crise mondiale de 1929.

Pendant ces années-là, la population de Rio doubla et celle de São Paulo décupla !

Le migrant, le retirante, qui est passé directement de la campagne à la grande ville, a gardé dans son esprit, consciemment ou inconsciemment, les traces du nombre infini de violences que lui ont fait subir dans son milieu d'origine les «forces de l'ordre», totalement dévouées aux seigneurs de la terre.

Tout ceci a ancré dans le travailleur brésilien une aversion profonde envers le policier (7). Craint, le policier est, en même temps, méprisé. Ce rapport agressif convient à la classe dominante qui engage délibérément dans les corps de police civile ainsi que de la police militaire, des individus qui, issus fatalement du groupe social qu'ils vont combattre, sont déjà acquis aux critères de la société blanche (un procédé semblable est utilisé aux U.S.A. pour le recrutement des marines). C'est un mécanisme d'aliénation qui fonctionne par un procédé de ré-alimentation: le policier sait qu'il est haï et il hait. Sa a performance», son «zèle au travail», va au-delà des nécessités normales du service (c'est là une des caractéristiques professionnelles marquantes du commissaire Sergio Fleury, chef de l'Escadron de la mort de São Paulo). Quand un policier tue dix bandits en représailles à la mort d'un collègue, il défend un privilège de caste, celui de pouvoir terroriser et tuer impunément (8).

Les classes dominantes, fort intéressées aux dividendes politiques de la terreur policière, respectent scrupuleusement ce «droit de caste». Il est difficile de trouver un seul cas où les excès policiers aient été punis par les gouvernants (9).

La police brésilienne a une tradition particulière de violence qui puise ses origines dans le passé colonial et dans le «régime des colonels», dont nous trouvons un exemple particulièrement caractéristique dans les huit années de dictature (1937-1945) qui sont entrées dans l'histoire sous la dénomination de Estado novo (État nouveau), d'inspiration mussolinienne.

L'Estado novo est né d'une série de soulèvements de jeunes officiers de l'armée qui, depuis les années vingt, ont cherché à rénover les structures du pays. Idéologiquement imprécis, ce mouvement finit par pencher du côté du fascisme, la doctrine ascendante de l'époque; tandis qu'un groupe dissident de la gauche, dirigé par le capitaine Luis Carlos Prestes, futur secrétaire général du parti communiste brésilien, s'engageait dans une longue vie d'opposition, la plupart du temps dans la clandestinité et dans les prisons de l’Estado novo.

Le dictateur d'alors, Getulio Vargas, politicien habile, capable de manoeuvrer les divers composants de la classe dominante, mit en marche un processus de centralisation politique, en octroyant au gouvernement fédéral de nouveaux pouvoirs.

Il créa alors le Service national d'informations (espionnage interne) avec l'aide du F.B.I. américain et dissolut les principales milices des États. Puis il mit sur pied des syndicats selon le modèle fasciste, dépendant totalement de l'appui officiel, donc vulnérables, restructura le secteur agraire et tenta, par tous les moyens, de satisfaire la classe moyenne ascendante, en jetant les bases d'un «État bureaucratique nouveau» où l'Administration publique était, en partie, aux mains des civils, inaugurant ainsi un régime de protections, de racket, de corruption.

En même temps, l'Estado novo réprima toute forme d'opposition politique et plus de vingt mille personnes furent incarcérées dans de nombreuses îles-prisons, navires-prisons et dans de traditionnels pénitenciers. 

Des écrivains, comme Graciliamo Ramas, des leaders syndicaux et politiques, comme Carlos Marighella et Luis Carlos Prestes, furent arrêtés et torturés. Le chef de la police de Rio de Janeiro, le capitaine Filinto Strubling Muller, actuel président du Sénat, introduisit alors au Brésil la pratique généralisée de la torture des prisonniers politiques (la torture des prisonniers de droit commun a toujours existé) (10)

Parmi les «nobles» gestes de Filinto Muller, on compte sa décision de livrer la femme de Luis Carlos Prestes, Olga Benario Prestes, à la Gestapo. Olga, d'origine juive, était enceinte quand elle fut assassinée. 

Ce sinistre chef de police détenait des pouvoirs tout à fait exceptionnels et ne répondait de ses actions que devant Getulio Vargas. 

La police de Rio, plus que toute autre police brésilienne, est devenue la dépositaire des traditions fascistes de l'Estado novo, l'ancienne capitale fédérale étant le foyer national des conspirations politiques, le centre de la bureaucratie civile et militaire, le rendez vous des oligarques ruraux toujours «absents» de leurs domaines.

Ce fut précisément à Rio que, treize ans après la chute de l'Estado novo, se vérifia la première manifestation de ce que l'on peut déjà appeler un Escadron de la mort, à la suite d'une décision du commandant de la police de Rio d'alors, le colonel Amaury Kruel (celui-là même qui, devenu général et commandant de la 2 e armée de São Paulo, décida en 1964 du sort du coup d'État militaire, en adhérant en dernière minute aux généraux  insurgés). 

A cette époque-là, Rio de Janeiro vivait ses derniers moments de capitale du pays ó le président Kubitschek avait déjà commencé la construction de Brasilia.

Dans les environs de Rio, dans la région de la Baixada Fluminense, la violence était devenue monnaie courante; c'était même l'apanage de certains politiciens corrompus, le député Tenorio Cavalcanti par exemple, assassin avoué qui se vantait de porter toujours une mitraillette sur lui. Dans la capitale elle-même, on constatait une augmentation constante de la criminalité. Amaury Kruel créa alors le Grupo de Diligências Especiais (Groupe de missions spéciales), constitué par des policiers appartenant aux effectifs du pénitencier le plus tristement célèbre de Rio, l'Invernada da Olaria, véritable camp de concentration situé dans les faubourgs de la ville. La direction du groupe fut confiée à un certain Cecil Borer, fasciste notoire. Le groupe agissait comme un commando, exécutant des assassins et des voleurs considérés comme dangereux. Cette politique d' «élimination physique», décrite par Amaury Kruel comme étant «la forme la moins chère de combattre le crime», était appliquée de manière sélective. On choisissait les victimes et on essayait de garder une certaine apparence légale, en simulant toujours la légitime défense.

Les exécutions furent cependant peu nombreuses. Bien que la création du groupe n'ait point suscité de protestations parmi la population, il ne fit cependant pas long feu. Peut-être parce que le Brésil vivait alors l'époque la plus démocratique de son existence. Le président de la République, Juscelino Kubitschek, lançait alors son «plan pour le développement», qui comptait sur une forte participation de capitaux étrangers; il faisait construire Brasilia, jetait les bases des industries automobile et navale et ouvrait de nombreuses routes vers l'Ouest. C'est aussi l'époque où certains secteurs de la population rurale s'intègrent à la vie politique du pays, grâce précisément à ces nouvelles voies de communication et au «boom» provoqué par le «plan pour le développement»; une époque de pénétration impérialiste mais aussi d'éveil politique, qui favorisa l'apparition de nouveaux dirigeants, plus conscients de la dépendance croissante du pays vis-à-vis du capital nord-américain et offrant à l'électorat des solutions alternatives, de protection des richesses naturelles et d'intégration des grandes masses paysannes aux mécanismes de l'économie de marché.

En 1955, surgirent dans le Nord-Est les Ligues paysannes de Francisco Julião, dans la tradition des anciennes révoltes paysannes de la région; dans le triangle industriel du Sud (São Paulo, Rio de Janeiro, Belo Horizonte), le prolétariat entrait dans un processus lent mais sûr d'organisation de classe et de politisation, où la lutte quotidienne contre une inflation galopante (qui atteignit 35% par an) et pour la défense du pouvoir d'achat, joua un rôle moteur déterminant.

Ces forces populaires évoluèrent vers une forme d'action assez vague, s'associant à un «Mouvement pour les réformes de base», qui demandait la distribution des terres, la limitation du pouvoir du capital étranger, l'intégration des grandes masses marginalisées dans l'économie de marché, le droit de vote pour les analphabètes. Pourtant, ce mouvement grandit et enregistra, dans les années qui suivirent, l'adhésion de certains secteurs de la bourgeoisie nationale, de l'Église catholique (à l'avant-garde de laquelle on trouvait l'archevêque de Recife, Helder da Câmara), des mouvements d'étudiants, des syndicats et des paysans (qui, pour la première fois dans l'histoire du pays, réunissaient des congrès exclusivement paysans).

Les forces de droite réagirent, évidemment, et s'organisèrent autour de l'oligarchie rurale, du capital étranger, de la fraction de droite de l'Église catholique et des forces armées.

A Rio, on assista à la formation des premiers groupes fascistes paramilitaires, sous la direction d'un politicien très connu, Carlos Lacerda. Très significativement, un vaste accord de coopération fut signé entre les polices brésilienne et américaine.

En 1962, une polarisation s'est déjà installée dans la vie politique, ainsi que le prouve l'élection de plusieurs gouverneurs d'État d'orientation nettement populaire, comme Miguel Arraes, à Pernambuco, capitale du Nord-Est; Mauro Borges, à Goias, État au coeur du Brésil, au centre duquel se trouve Brasilia; Lionel Brizola, à Rio Grande do Sul, qui obtiennent de vrais triomphes et ouvrent la voie à de nouveaux et jeunes leaders. A Rio, Carlos Lacerda parvient à se faire élire, en stimulant les instincts de peur de la petite bourgeoisie, et conspire presque ouvertement contre le président João Goulart (leader populiste arrivé au pouvoir après la démission du président Jânio Quadros, dont il était le vice-président) et contre le Mouvement pour les réformes de base. Autour de lui se groupent les fascistes cariocas (11) les plus influents, parmi lesquels Gustavo Borges, nommé par Lacerda, secrétaire de la Sûreté du gouvernement de Guanabara. (Après le transfert de la capitale fédérale vers Brasilia, la ville de Rio est devenue un État: l'État de Guanabara.)

Quelques mois plus tard, un scandale éclate: la police de Rio de Janeiro, en ayant assez de s'occuper des mendiants (pour la plupart des migrants qui n'avaient pas trouvé de travail) qui «infestaient» la ville, décida de les éliminer en les noyant, bien ficelés, dans un fleuve voisin, la Guarda. Le scandale fut énorme: dix-neuf victimes prouvées ! Et l'avant-garde fasciste dut, en conséquence, opérer une retraite tactique.

Le gouverneur Carlos Lacerda, qui s'était forgé une clientèle, surtout dans la classe moyenne, en dénonçant «la corruption des politiciens populistes», se vit dans l'obligation d'ordonner l'ouverture d'une enquête. Enquête dont la conclusion fut la suivante: le massacre des mendiants fut l'oeuvre de quelques policiers petits gradés et ni la direction de la police ni le gouvernement de l'État n'y étaient pour quelque chose...

L'Escadron de la mort surgit, sous la forme qui le rendit célèbre, immédiatement après le coup d'État de 1964 qui renversa le gouvernement de gauche et ouvrit la longue période de dictature militaire, aujourd'hui encore en place.

La victoire des forces de droite libéra les instincts les plus bas de la fraction de la petite bourgeoisie sympathisante du fascisme et des éléments les plus violents du système répressif policier et militaire. Les premiers mois de la dictature fut le temps des règlements de comptes, de la chasse aux leaders populaires, aux dirigeants syndicaux, aux étudiants, aux députés nationalistes et de gauche, aux gouverneurs et politiciens n'ayant pas adhéré au nouveau régime.

Ce n'est pas le moment de faire le bilan de ces neuf années de dictature militaire (12), mais il nous semble intéressant de souligner quelques-uns des aspects de ces premiers temps de répression qui pourront aider à mieux éclairer le phénomène Escadron de la mort.

Les généraux ressuscitèrent les méthodes de l'Estado novo, de Getulio Vargas. Tout d'abord, les arrestations en masse et les «disparitions» de nombreux militants de gauche, puis la torture des prisonniers politiques, et la censure de la presse, facteur prépondérant de la dégradation de la conscience populaire.

A ce caractère délibérément brutal de leur politique, les généraux voulurent cependant ajouter un élément modérateur: le puritanisme Hypocrite comme tous les puritanismes. Un exemple: la torture était formellement condamnée par les militaires au pouvoir, ce qui n'empêcha pas qu'elle soit toujours et de plus en plus employée.

La violence ne s'est pas manifestée dès les premières heures de la dictature dans les formes qu'on lui connaît aujourd'hui. Celles-ci sont le fruit d'un processus continu, au cours duquel les chances d'une participation du peuple à la vie de la nation ont été peu à peu annihilées.

Comme tout régime fasciste, le régime brésilien actuel opère une mystification des vrais problèmes. Ce n'est pas, en effet, l'élimination physique des «déviants» qui peut remédier aux vices d'un système social fondé sur la marginalisation de plus de la moitié de la population du pays, puisque c'est cette marginalisation elle-même qui engendre la pègre.

A l'origine de l'Escadron, il y a l'assassinat d'un célèbre inspecteur de la police de Rio, Milton Le Cocq, par un non moins célèbre bandit, Cara de Cavalo (Tête de cheval). Les collègues de Le Cocq décident de venger sa mort et, commandés par l'inspecteur Euclides Nascimento, ils exécutent Cara de Cavalo.

Au début de 1965, ces mêmes policiers décident de «légaliser» leur action en créant un club auquel ils donnent le nom de Écurie Le Cocq ou Escadron motorisé, EM: les mêmes initiales qu'Escadron de la mort.

L'Écurie Le Cocq est un club avec un statut légal. D'après son bilan de 1972, elle comptait quinze cents membres ó non seulement des policiers, mais également des politiciens connus, des avocats, des industriels... Ce même bilan accusait un solde positif considérable et révélait l'achat d'une grande ferme destinée à accueillir les membres dans leurs rencontres périodiques (13).

L'élimination physique des marginaux commence donc dans les années 1964-1965, mais elle ne prend des dimensions nationales qu'en 1968-1969, où l'on compte des Escadrons à Rio, dans la Baixada Fluminense, à São Paulo, à Santos, le port de São Paulo, à Salvador de Bahia, à Victoria, capitale de l'État de Espirito Santo.

L'apparition de ces Escadrons s'est faite évidemment un peu au hasard de quelques événements détonateurs. Ainsi, rien qu'à São Paulo, on compte à la fin de 1968 quatre Escadrons qui, au cours de l'année 1969, finissent par se grouper autour du commissaire Sergio Paranhos Fleury, devenu le chef principal de l'Escadron de la mort.

Le gouvernement fédéral et les gouvernements des États, devant des problèmes de répression de plus en plus difficiles à résoudre, étant donné l'extension prise par les mouvements révolutionnaires, paraissent avoir perçu l'intérêt potentiel des Escadrons de la mort dans la lutte contre le «terrorisme». On assiste alors à une campagne, promue par les autorités, destinée à nier l'existence des Escadrons de la mort; ou à donner d'eux une image acceptable par l'opinion publique. Le gouverneur de São Paulo, Abreu Sodré, nia à plusieurs reprises l'existence de l'Escadron; et le secrétaire de la Sûreté du gouvernement de Guanabara, le général Luis França de Oliveira, alla même jusqu'à créer un groupe composé par onze policiers «célèbres» de Rio, qu'il appela les «onze hommes en or» (ressuscitant ainsi l'ancien «groupe des missions spéciales» créé en 1958 par le général Amaury Kruel), dans le but évident de donner, par la création de cet Escadron «officiel», une couverture aux Escadrons «non officiels».

L'opinion publique ne s'accommoda cependant pas facilement de cette situation. Et elle manifesta. Une partie de la presse elle aussi manifesta, dans la mesure où la censure lui permettait encore de manifester quoi que ce soit. Mais ce fut la répercussion internationale de ces massacres (au mois de juillet 1970, l'Escadron de la mort de São Paulo tua en une seule nuit neuf marginaux. Cette nuit, par allusion à une autre nuit célèbre, fut appelée par les policiers eux-mêmes «la Saint-Barthélemy») qui força le ministre de la Justice, Alfredo Buzaid, à ordonner l'ouverture d'une enquête (14).

L'intention première de Buzaid était évidemment de calmer l'opinion publique; mais cette enquête obéissait cependant à un deuxième impératif, celui de se documenter sur les activités de l'Escadron pour mieux le contrôler, ce dernier ayant acquis une autonomie dangereuse vis-à-vis du gouvernement. (Phénomène typique des organismes de répression qui utilisent des méthodes illégales avec la complicité mais sans l'approbation formelle, évidemment, des autorités. Tels que la Gestapo ou la C.I.A., ces organismes deviennent rapidement un État dans l'État.)

Buzaid était disposé à sacrifier quelques-uns des membres de l'Escadron, au cas où il y aurait un procès contre celui-ci, mais non les chefs, comme Sergio Fleury ou Olintho Denardi qui, directeur du pénitencier Tiradentes de São Paulo, livrait des prisonniers à l'Escadron.

Pour Fleury, il existait une raison supplémentaire d'immunité depuis le milieu de l'année 1969: à cette époque, lui et quelques-uns de ses hommes avaient été transférés au DEOPS (police politique), où ses méthodes expéditives furent mises en pratique contre les groupes révolutionnaires engagés dans la lutte armée depuis la création de l'Alliance de libération nationale (ALN), fin 1968, par Carlos Marighella. Effectivement, quelques mois après l'arrivée de Fleury au DEOPS, Carlos Marighella était attiré dans un guet-apens et abattu par Fleury et ses hommes, en plein centre de São Paulo.

L'ouverture de l'enquête contre l'Escadron, au mois de juillet 1970, les accusations portées contre lui par le procureur Hélio Bicudo, le mandat d'arrêt décrété à son nom, sa demande d'habeas corpus rejetée, n'empêchèrent cependant pas le commissaire Fleury de se maintenir à la tête du DEOPS pauliste et de poursuivre une collaboration de plus en plus étroite avec le haut commandement de la 2e armée, siégeant à São Paulo; ni d'assassiner, trois mois plus tard, dans une ferme de sa propriété, Joaquim Câmara Ferreira, dit le Vieux, successeur de Marighella.

Les manoeuvres des militaires et des autorités fédérales elles-mêmes, dans le but de réduire à rien les accusations contre l'Escadron, sont clairement dénoncées dans le récit d'Adérito Lopes. Ainsi que l'incroyable intervention du haut commandement de la 2 e armée exigeant le transfert des procès à la justice militaire, dans le seul but de créer un conflit de juridictions et d'ajourner le plus possible le jugement des crimes de l'Escadron, selon la volonté expresse du gouvernement fédéral.

Le plus étonnant ce fut cependant le fait que le procureur chargé de l'enquête, Hélio Bicudo, principal personnage de ce livre, se soit refusé à collaborer avec les autorités de São Paulo et les autorités fédérales dans leurs manoeuvres destinées à sauver l'Escadron, ne cessant de vouloir accomplir, à la manière d'un don Quichotte, sa tâche jusqu'au bout, malgré les pressions du gouverneur pauliste, Abreu Sodré, du gouvernement fédéral, des militaires et même celles, bien moins délicates, de la police; et malgré aussi les menaces de mort dont il fut l'objet pendant toute la durée de l'enquête.

Sans la traditionnelle préoccupation des dictatures de prêter à leurs décisions une certaine apparence légale, ces accusations contre l'Escadron de la mort auraient sûrement été enterrées et on n'en aurait plus entendu parler. Elles ne l'ont pas été, mais le jugement des crimes de l'Escadron n'a pas encore eu lieu; le procureur Hélio Bicudo a été détaché de ses fonctions; le commissaire Fleury continue toujours à la tête du DEOPS; et le haut commandement de la 2' armée, le général Airosa da Silva, affirme publiquement :

«Le commissaire Fleury est un homme d'honneur, d'une énorme intégrité morale, qui présente un exceptionnel dossier de services rendus au pays.»

Bernardo Kucinski

 

 


 

1. Caio PRADO, Junior, Evoluç‚o Politica do Brasil, 5' édition, p. 22. «Bandeirante», c'est un nom à la connotation patriotique et même épique, créé pour caractériser les chasseurs d'Indiens. Le mot fut choisi par le haut commandement de la 2' armée lorsqu'elle voulut donner un nom à l'opération destinée à combattre la guérilla urbaine: «Opération bandeirantes». L'OBAN, comme elle fut aussi appelée, dut sa renommée au fait qu'elle pratiqua la torture sur des centaines de militants de gauche.

2. Parmi les nombreux livres mis à l'index se comptent l'Historia militas do Brasil, du général Nelson Werneck Sodré, et Historia Nova, de plusieurs auteurs. Les auteurs d'Historia Nova furent inculpés d'attentat contre la s˚reté de l'État.

3. A sa place, une doctrine plus bénigne s'est développée: le «mélange racial à dominante blanche».

4. La Marine brésilienne, à tradition aristocratique, n'admet pas des gens de couleur dans ses cadres. On n'en trouve pas davantage dans la magistrature, dans les conseils d'administration des grosses entreprises ou dans la haute hiérarchie de la fonction publique. A mesure que l'on gravit l'échelle sociale, la présence de Noirs va en diminuant, jusqu'à disparaÓtre complètement lorsqu'on approche du sommet.

5. Cette région constitue le décor des romans les plus connus de Jorge Amado.

6. Thème du livre de Euclides DA CUNHA: Os Sertões.

7. «La seule différence entre un policier et un bandit, c'est l'uniforme», dit un dicton brésilien.

8. A propos de l'aliénation irrémédiable imposée au policier par le pouvoir qui l'emploie, voir le récit de Trotsky sur l'insurrection bolchevique à Saint-Pétersbourg en 1917, où des soldats et des militaires donnèrent leur adhésion au mouvement grâce à une politique d'endoctrinement. Les insurgés avaient cependant des instructions de «ne pas perdre de temps» avec les policiers.

9. Pour ne citer que des cas récents: le massacre des étudiants à l'Université de Kent, aux États-Unis; le carnage de My Lai, au Viêt-nam; le «dimanche sanglant» de Londonderry. Dans tous ces événements, les gouvernements prêtèrent leur protection aux coupables, qui furent presque toujours acquittés.

10. Voir Falta alguem em Nuremberg (Il manque quelqu'un à Nuremberg) de David NASSER. 

11. Nom donné aux habitants de Rio.

12. Voir Torturas e Torturados de Marcio MOREIRA ALVES et Pau de Arara, Cahiers libres, Maspero.

13. Les flèches indiquant la situation de cette ferme portent les deux initiales EM et le crâne et les deux tibias croisés.

14. Alfredo Buzaid, plusieurs autres ministres, des gouverneurs, dont Raimundo Padilha, ainsi que le président du Sénat, Filinto Muller, le tortionnaire, avaient appartenu à l'Action intégraliste, le parti fasciste brésilien des années trente.

 


 

Introdução do Livro: L'Escadron de Mort. Adérito Lopes, Bruxelas, Casterman, 1973, p. 11-31.

 

 
     
Index Enviar noticia por email clique aqui para imprimir a noticia
Comentários: 0

Comentários: